Il fut un temps où les parties de “foot-ball” étaient précédées d’un conciliabule entre les 2 équipes participantes : il s’agissait de se mettre d’accord sur les règles applicables à la rencontre à venir. Selon les villages ou les universités où il était pratiqué, l’usage des pieds ou des mains était réglementé et tous les coups y étaient plus ou moins permis. A l’époque où les anglais entreprirent de codifier une fois pour toute les règles du “football association” et du “football rugby”, d’irréductibles irlandais décidèrent de rédiger leurs propres règles : un football “gaélique”, directement inspiré du hurling, un sport ancestral et mythique de l’île d’Émeraude.
Ainsi, le football gaélique devint dès la fin du 19ème siècle un outil pour préserver et affirmer la culture et l’identité irlandaise à travers la pratique sportive et son esprit communautaire. Un pari réussi quand on observe que, 140 ans plus tard, les compétitions de la Gaelic Athletic Association (GAA) continuent de fédérer un public nombreux et passionné. Sur le terrain, joueurs et joueuses défendent les couleurs de leur village ou comté d’origine, dans une pratique restée entièrement amateure.

Là où le développement du football et du rugby s’est adossé à l’expansion coloniale britannique, le football gaélique est resté privé de ce levier de diffusion à l’échelle mondiale. Il a néanmoins voyagé dans les bagages de la diaspora Irlandaise pour se développer de manière plus discrète, sur le sol américain puis en Europe, avant d’arriver en Bretagne au début des années 2000.
A Rennes, Brest et dans une quinzaine de villes Bretonnes désormais, il est possible de pratiquer ce sport au ballon rond, où l’on marque dans le but (3 points) ou au-dessus, entre les poteaux (1 point). De par ses liens privilégiés avec l’Irlande, la Bretagne est ainsi devenue une terre fertile pour le développement de ce sport, et l’un des premiers endroits au monde où la pratique de cette discipline se développe essentiellement auprès de la population locale. Elle compte aujourd’hui 800 pratiquants, dont près de la moitié sont des femmes et 150 jeunes.

Les Bretons reproduisent ainsi le modèle Irlandais en créant de petites communautés unies autour du sport, dans un esprit convivial et culturel, encourageant notamment l’usage de la langue Bretonne. L’esprit identitaire se reflète également au sein des équipes de Bretagne, masculine et féminine qui, depuis 2012, défendent les couleurs du Gwenn ha Du à l’échelle internationale.
Cet été, les sélections bretonnes de football gaélique ont ainsi défié leurs homologues du Canada, d’Australie ou encore d’Argentine, dans le cadre des GAA World Games. Ces jeux mondiaux des sports gaéliques, auxquels la Bretagne participait pour la 4ème fois, se déroulaient sur le sol Irlandais. L’occasion de démontrer la vitalité du football gaélique en Bretagne et de créer de nouveaux liens d’amitiés interceltiques autour de la pratique sportive.
Ligue Bretonne des sports gaéliques | Lig Breizh ar sportoù gouezelek
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