Bibliographie

Carrière littéraire

  • Ce que nous sommes (Ramsay, 2001)
  • Dictionnaire commenté des expressions corses (DCL éditions, 2004)
  • Libertà, entretien avec le journaliste politique Jacques Renucci (2004)
  • Dictionnaire commenté des proverbes corses (DCL éditions,2006)
  • Anthologie bilingue de la littérature corse (DCL éditions, 2008)
  • Littérature et politique en Corse. Imaginaire national, société et action publique (Albiana, 2013)
  • Avanzà, la Corse que nous voulons (Flammarion, 2016)

Prix et distinctions

  • 2005 : Prix du livre corse pour l’ouvrage Dictionnaire commenté des expressions corses
  • 2012 : Prix du texte court en langue corse de l’association Musanostra pour la nouvelle A Surgente
  • 2013 : Prix de thèse (« Roccu Multedo ») de l’Accademia Corsa de Nice pour la thèse soutenue à l’Université de Corse en décembre 2012
  • 2013 : Prix du livre de la Collectivité Territoriale de Corse pour l’ouvrage Littérature et politique en Corse 
  • 2013 : Prix au concours de poésie (corse et gallurese) organisé par la commune de Santa Teresa di Gallura (Sardaigne), pour le poème Anniversariu 
  • 2013 : Prix du texte court en langue corse de l’association Musanostra pour la nouvelle Daretu à u muru 
  • 2016 : Prix au concours de poésie (corse et gallurese) organisé par la commune de Santa Teresa di Gallura (Sardaigne), pour l’adaptation en langue corse du poème Invictus de William Ernest Henley.

Jean-Guy Talamoni

Biographie

Le président de l’assemblée territoriale corse, Jean-Guy Talamoni, assurera cette année la présidence du festival du livre en Bretagne de Carhaix et coupera donc le ruban inaugural de cette 28ème édition consacrée à la Corse. Membre du conseil de la langue et de la culture corse, militant du mouvement national bien connu, il est l’auteur de plusieurs ouvrages tant sur la vie politique de l’île que sur la langue à laquelle il est particulièrement attaché. Il a obtenu de nombreux prix littéraires.

Dans son dernier livre, Jean-Guy Talamoni explique que depuis un quart de siècle qu’il négocie avec Paris il a appris une chose essentielle qu’il ne soupçonnait pas au départ : « De droite ou de gauche, un sujet accorde tous les gouvernements français dans une forme d’hypersensibilité chronique, suscitant les mêmes réactions épidermiques : la langue. Oser mettre en avant les vertus d’une autre langue que le français reviendrait à attaquer celle-ci. Un crime de lèse-majesté. Pour Paris, la question de la langue ne ressortit pas à la politique mais relève quasiment de la théologie… ». Sur ce point, les promoteurs de la langue bretonne seront certainement en accord avec Jean-Guy Talamoni.

Dans ce même ouvrage publié chez Flammarion, Avanza ! La Corse que nous voulons, Jean-Guy Talamoni défend les revendications de son peuple et la légitimité historique des Corses à être indépendants. Il appelle les élites à réviser leur position sur le statut de l'île et enjoint les Corses à prendre en main leur avenir.

Lors de la cérémonie officielle de son installation à la présidence de l’assemblée territoriale Jean-Guy Talamoni a prononcé son premier discours en langue corse et prêté serment de la même manière sur la Giustificazione della rivoluzione di Corsica, un texte de 1758. Cette démarche volontariste a provoqué le buzz dans les médias parisiens suscitant des commentaires pas toujours très respectueux.

Le président de l’assemblée, avocat de formation et enseignant de droit et de littérature corse à l’université de Corte, a un long passé militant derrière lui. En 1999, il était de la délégation corse qui négociera les « Accords de Matignon » (statut fiscal particulier, enseignement du corse, processus de pacification…) avec Lionel Jospin.

Quelques mois après l’élection de trois députés nationalistes à l’assemblée nationale (sur les quatre que compte l’île), le festival du livre de Carhaix ne pouvait rêver meilleur porte-parole et plus ardent défenseur de la lange et de la culture corses.

Préface

Maria Gentile célébrée en Bretagne…

L’affiche du 28ème festival du livre en Bretagne, réalisée par l’artiste Olwenn Manac’h à partir d’une ligne directrice proposée par les organisateurs, entend tout à la fois rendre hommage à la Corse et aux femmes.

Cette idée nous enchante, tant elle rejoint les orientations de la majorité présidant, depuis deux ans, aux destinées des institutions corses.

Les animateurs du festival nous ont fait le plaisir de rappeler que sur la terre de Pasquale Paoli, les femmes votaient depuis plusieurs siècles, avant même l’arrivée au pouvoir du Général de la nation, en 1755.

Plus près de nous dans le temps, les résistantes corses tinrent un rôle majeur sur une terre qui fut la première à se libérer du joug de l’occupant.

C’est pour rendre hommage à toutes les femmes qui marquèrent notre histoire, mais aussi pour rappeler les progrès restant à accomplir en Europe sur le chemin de l’égalité, que nous avons pris une initiative politique et symbolique majeure : le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous avons installé dans le hall d’honneur de l’Assemblée de Corse un troisième buste à côté de ceux de Pasquale Paoli et de Napoléon Bonaparte : celui de Maria Gentile.

Maria Gentile est une jeune femme qui, au XVIIIe siècle, au moment de la conquête française de la Corse, enterra nuitamment son fiancé exécuté par les autorités militaires d’occupation qu’il combattait, lesquelles avaient ordonné que les corps des rebelles suppliciés soient laissés sans sépulture. On voit ici la réalité historique rejoindre le mythe, et quel mythe… Celui qui conserve aujourd’hui une force intacte et incomparable : le mythe d’Antigone. En choisissant Maria Gentile comme figure allégorique, nous voulions évidemment, par-delà l’hommage mérité à un personnage historique, affirmer une volonté politique majeure : donner à la femme la place qui lui revient en faisant que la Corse demeure pionnière dans cette longue marche vers l’égalité des sexes.

Parce que la littérature – qu’il s’agisse d’un lamentu corse ou d’un lai breton – reflète toujours les valeurs d’une société, de nombreux auteurs ont, du XIXe siècle à nos jours, rendu hommage à l’Antigone corse. Elle sera donc en quelque sorte célébrée par ce Festival du livre en Bretagne placé sous le double signe de la Corse et de la femme.

Jean-Guy Talamoni
Président d'honneur du 28ème Festival du livre en Bretagne